09/11/2006

LE GRAND JOUR

 

Comme c’était agréable de sentir le vent dans mes cheveux tout au long de mon parcours à pied jusqu’à mon psychiatre. Je le voyais pour la deuxième fois. J’y suis allée en Franny, j’ai osé braver le regard des gens, j’ai voulu me prouver que je pouvais être cette femme qui brûle en moi.

 

Arrivée à la clinique, je file aux inscriptions. Aucun regard déplacé ne vient perturber l’accueil agréable. Je suis telle une femme qui se rend à une consultation avec mon long manteau noir. Je n’ai pas toujours le cran de soutenir un regard  mais il faut avouer que j’en suis seulement à ma toute première sortie en plein jour. Je n’ai pas stressé, j’ai vécu cela comme une promenade vers ma nouvelle vie.

 

J’ai pris l’ascenseur pour monter au septième. Deux hommes m’entouraient, je ne me suis pas sentie épiée. Je me sentais relativement sûre de moi, j’ai même dit bonjour aux secrétaires en arrivant.

 

Quelques instants plus tard, mon psychiatre m’invitait à le rejoindre dans son cabinet. Il m’a demandé comment j’allais, je lui ai répondu que je me sentais bien. Me voir en femme devait certainement le rassurer sur mon désir d’en être une. Ainsi nous avons discuté de ces dernières semaines écoulées. Il me mit au courant des résultats des premiers tests. Rien d’anormal, tout va bien. Je ne souffre d’aucune pathologie particulière. Je ne suis pas dépressif, j’ai un faible taux d’anxiété, je suis de nature très sociable, et beaucoup de mes réponses étaient des réponses de femme. Mon psychiatre m’a aussi dit que cette aisance à vivre comme une femme allait davantage s’affirmer.

 

Je suis rentrée sereine en croisant quelques regards pas surpris le moins du monde. Tout cela m’a conforté dans l’idée que je peux devenir une femme moi aussi…

18:50 Écrit par franck dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : psychiatre, femme, test, regard, gens |  Facebook |

12/10/2006

DES TESTS PSYCHOLOGIQUES

 

Le mois d’octobre a commencé sur les chapeaux de roue. Curieux et enthousiaste, je suis allé passer des tests censés aider à une meilleure compréhension de ce qui m’arrive. Voici comment le nouveau patient que je suis a décrypté tout cela.

 

Il y a d’abord eu ce test destiné à vérifier le fonctionnement de mon cerveau, avec des électrodes sur ma tête et tutti quanti. Des séquences son à reconnaître, des séquences chiffres à achever, toute une ribambelle de choses pour voir comment mon cerveau se comporte…

 

Le plus intéressant, ce fut ce test de 560 questions psychologiques seul rivé devant un ordinateur. Deux réponses simples pour chacune des questions : vrai ou faux, puis valider… Je me souviens de la première affirmation : j’ai bon appétit…la deuxième : j’aime lire des revues techniques… puis un tas d’autres comme j’adore ma mère, mes amis ne partagent pas mes projets donc je change d’avis, je  me sens mieux après une crise de larmes, j’ai toujours une totale confiance en moi…Il y en a au moins une trentaine qui laissent très perplexe, mais bon j’ai donné mon avis sur toutes en une heure.

 

Après ce test, j’eus droit à  trois questionnaires à remplir. Le premier concernait la dépression, le deuxième se renseignait sur mon état d’esprit actuel, le troisième se penchait sur ma sexualité…Je me souviens de phrases du genre : j’aurais voulu naître fille, je veux avoir des seins, ma barbe me dérange, je m’habille toute la journée en femme…

 

Ainsi donc, cela conclut une première série de tests que mon psychiatre et mon psychologue vont étudier afin de voir qui je suis…Les semaines qui viennent seront encore assez chargées.  Mon envie de savoir où ma vie m’emmène reste plus que jamais intacte…

21:07 Écrit par franck dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : test, psychologie, question, cerveau, femme |  Facebook |

26/09/2006

RENDEZ-VOUS CHEZ LE PSYCHIATRE

 

Ca y est, les choses sérieuses commencent… Ce matin à 10h, j’avais rendez-vous avec mon psychiatre. Accueil sympathique, clinique sobre, l’air qu’on respire semble un peu lourd.

 

Tout de suite, celui-ci m’indiqua la procédure suivie par le comité de médecins universitaires dont il fait partie. Ainsi donc, après ce premier entretien, je suis invité à effectuer divers tests psychologiques en solo ou auprès d’un de ses confrères. Fin octobre, je me rendrai au département endocrinologie avant de revoir mon psychiatre début novembre.

 

Après ces tests très fiables et ces entretiens, tout le comité se réunit et prend une décision sans appel. S’il existe des divergences de vues, on retarde un peu le verdict. A ce stade, c’est oui ou c’est non. L’aval du comité déterminera votre avenir de transexuel…

 

En 45 minutes, on a fait le tour de la question en ce qui me concerne. L’enfance, les souvenirs, ma féminité, mon homosexualité, ma vie de travesti…Et comme j’ai dit à mon psychiatre que je m’impatientais de sortir en Franny, il m’a proposé de venir au prochain rendez-vous en femme. J’y songe sérieusement, je veux lui montrer la Franny que je suis en novembre.

 

Lorsque le comité de spécialistes donne son aval pour la transformation, on est tenu de faire un test de vie. Autrement dit, il faut commencer vraiment à vivre sa vie de femme tout naturellement pendant un an. C’est une période transitoire indispensable et recommandée par les psychologues.

 

Mon psychiatre n’est pas en mesure de se prononcer maintenant sur mon cas. Il a simplement dit que je n’avais pas l’air déprimé et que je donnais le sentiment d’avoir les idées claires. Il ajouta qu’il lui semblait que j’étais bien dans ma double vie…

21:00 Écrit par franck dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : psychiatre, vie, test, comite, verdict |  Facebook |