11/04/2006

TOUTES MES LARMES

 

Il y a des jours où les blessures se ravivent et vous rappellent à quel point le destin écrit l’histoire vacillante de notre vie entre le bonheur et le malheur. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de papa. Il est parti trop tôt rongé par un cancer. J’étais à l’aube de la trentaine et sa disparition a provoqué en moi une peine intérieure très profonde. J'en ai pleuré toutes les larmes de mon âme...

Certes, nous n’étions pas les meilleurs amis du monde. C’était un père autoritaire mais immensément gentil. J’ai commencé à m’opposer à lui alors que j’étais adolescent. Nous n’étions pas les mêmes, nous avions des difficultés à nous comprendre. La pierre d’achoppement la plus terrible fut la découverte de mon homosexualité . Il l’avait toujours su, il s’était tu mais profitait de nos retrouvailles tous les deux pour évoquer le triste sujet et me faire un tas de reproches. Je me sentais si désemparé.

En fait, il était déçu pour moi, il voulait que je réalise que je me trompais de voie et que ma vie n’allait pas être la meilleure et la plus évidente. C’est ce que j’en retiens treize ans après, avec ma maturité d’homme et la sensibilité d’un cœur toujours prêt à déceler la plus fine parcelle d’humanité…Dans le fond, il n’avait pas tout à fait tort. Je sais qu’il n’est pas facile d’être différent mais je suis tellement cet homosexuel au fond de moi que je ne pourrai jamais devenir un autre.

J’ai eu des disputes violentes, quelques rapports de force orageux, tout cela parce que mon père m’empêchait d’être moi-même, de vivre cette vie qui explosait en moi. Je lui en ai beaucoup voulu pour son manque de compréhension au point de vouloir quitter la maison pendant mes études universitaires.

L’année de son départ, j’avais rencontré celui que je croyais être mon bonheur éternel. J’étais plus que jamais déterminé à montrer à mon père que je pouvais m’assumer, que je n’avais plus besoin de sa permission légendaire.

Les années ont passé, je ne lui en veux plus maintenant. De là haut, il veille sur moi. Il m’aime et je l’aime aussi. On m’a parfois dit que j’étais son portrait craché…

12:26 Écrit par franck | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

Commentaires

MAGNIFIQUE QUELLE MEMOIRE DU SOUVENIR. BRAVO !

Écrit par : ludovic | 11/04/2006

le vrai talent merci pour tes articles d'une rare beauté.

Écrit par : isabelle | 11/04/2006

Un père, un fils Le temps arrange bien souvent les choses, n'est-ce pas?

Écrit par : eric | 11/04/2006

... aimer par delà le temps et l'espace...
Belle promesse pour chacun.
Tu me touches au fond du coeur en parlant si simplement.
Bisous

Écrit par : Ben | 11/04/2006

J'en ai eu les larmes aux yeux tellement tu as ce don d'exprimer les choses avec grand art.

Écrit par : thierry | 11/04/2006

félicitations on n'a pas de mots pour célébrer ton talent. Super!

Écrit par : david et corinne | 11/04/2006

Je suis fière de lire un homme comme toi. Tes phrases sont chargées de vérités, d'émotions. Tu es vraiment bouleversant.

Écrit par : annie | 11/04/2006

merci grand merci a toi de ton passage.
tu est super sympas cool mec. A très bientôt avec le coeur

Écrit par : gulugulu-ou moimoi | 11/04/2006

Très joli article J'aime beaucoup te lire quand tu es sur ce terrain, c'est profond, continues...

Écrit par : Patrick | 11/04/2006

Pensée... Il ya toujours des périodes dans l'année qui sont malheureusement plus difficile à passer... Mais ainsi va la vie, elle continue, pour toi, pour lui même s'il est de l'autre côté...

J'étais tout près de chez toi hier, dans la rue Pont d'Avroy.... J'aurai eu ton tel, je t'aurai invité à venir nous retrouver pour passer un bon moment de franche rigolade.... Histoire de se changer les idées.... Biz à toi

Écrit par : Mag | 12/04/2006

Bonjour Frank Merci pour ton comm.
bonne journée et très amicalement

Écrit par : DUKE | 12/04/2006

ton père il est un peu comme le mien, ton expérience m'est enrichissante.

Écrit par : eddy | 12/04/2006

souvenir c est dure la perte d un parent et encore plus dure quand il accepte mal la difference moi je suis maman d un fils de 22 ans et j ai accepter son homosexualite pourquoi tant de honte pour moi je suis heureuse de le voir heureux c est ma chaire mon sang et j adore mon beau fils amitier

Écrit par : agnes | 19/04/2006

Souvenir quand tu nous tiens ! Quelle plus belle preuve d'amour que d'accepter malgré des convictions différentes ?
Je reviens sur un terme que tu as employé ... (je me permets de tutoyer) Je suis son portrait craché. Quelle horreur !
Y a t-il tant de haine pour cracher son fils ???
J'ai toujours eu horreur de cette expression. J'ai l'impression que c'est un dénit, plutôt que cette ressemblance que l'on balance au visage. Ceci reste un avis personnel et ne remet nullement en cause la ressemblance physique qu'il semble exister entre toi et ton père. De la à cracher ... (je ne lâche pas facilement le morceau hein ?)

Écrit par : Soaz | 20/04/2006

bel homage je suis sur que ton père est fier de toi, de la haut il doit veiller sur toi et t'insufler tout l'amour qu'il t'a toujours porté, cela malgré ta "différence".
reste egal à toi même et continue de nous réjouir de tes textes.
kiss

Écrit par : eric | 21/04/2006

Regarde droit devant........ Je m'achemine jour après jour vers le centre de mon coeur et le soleil s'y trouve et y féconde la rose qui se déploie.(Monin)
Les larmes sont la tendresse du coeur........Chrystal xoxox

Écrit par : Chrystal | 26/04/2006

Respect Tu honores ton père avec cet article. Bravo.
Je suis dans mes années universitaires, j'ai envie de quitter la maison, je me reconnaît dans ton portrait de jeunesse. Mon père et moi c'est l'enfer et encore.. je ne lui ai pas dit que j'étais gay.
Je crois qu'il s'en doute mais qu'il essaie de se persuader du contraire, bref on s'éloigne du sujet. C'est compliqué mais j'essairais tout de même malgré le fait que je ne pense pas l'aimer, faire que ça se passe le moins pire possible. J'avoues que ton article m'a fait réfléchir. Merci.

Écrit par : noki | 28/04/2006

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